Auteur : César (102 av. JC - 15 mars 44 av. JC)
Date : 15 mars 44 av. JC
Contexte historique :
Depuis la mort de son ennemi Pompée, Jules César apparaît comme le maître absolu de la République Romaine. Le 14 février 44 avant JC, César est nommé Dictator perpetuus. Ses adversaires politiques ne tardent pas à voir en lui un danger pour la République, et craignent de le voir s'auto-proclamer roi. Le peuple romain s'inquiète bientôt à son tour, agité par les ennemis de César.
Le 15 mars 44 avant JC, jour des Ides de Mars, doit avoir lieu une séance au Sénat au cours de laquelle César doit annoncer son entrée en guerre contre les Parthes. Une ancienne prédiction affirmant que seul un roi pourrait venir à bout des Parthes, les adversaires de César profitent de l'occasion pour convaincre le peuple que César va se jour là se déclarer roi de Rome.
Dans le Sénat, Cassius et les autres conjurés présents (Trebonius, Ligarius, Casca, Tullius Cimber, Brutus Albinus et Marcus Brutus) ne tardent pas à entourer César au moment où il s'apprête à débuter son discours. Un premier coup de poignard atteint César sous la gorge. Ce dernier tente de fuir mais il ne peut lutter face à tant de conjurés qui lui portent tous de nombreux coups de poignard.
En voyant parmi eux celui qu'il considérait comme un fils adoptif, Marcus Brutus, César semble se résigner à mourir dignement. Protégeant son visage des coups d'épée et de poignard en se drappant dans sa toge, il prononce ces paroles qui seront ses dernières : "Tu quoque, mi fili", et va s'abattre au pied de la statue de son ennemi Pompée. César recevra au total 23 coups de poignard.
En réalité, ces paroles auraient été dites en grec, langue d'apprentissage des riches Romains : "Kaï sù, tèknon".
Après sa mort, on retrouve sur César une lettre dénonçant la conspiration dont il allait être victime. L'ayant reçu avant d'entrer au Sénat, il n'a pas eu le temps de la lire, ou peut-être l'a-t-il lu et ne l'a-t-il pas pris au sérieux. Pourtant, de nombreux présages s'étaient révélés depuis la veille : devant le Sénat, on avait vu un oiseau, un roitelet, portant un rameau de laurier dans son bec, se faire attaquer par d'autres oiseaux ; la nuit précédant la conjuration, sa femme Calpurnia faisait un cauchemar où elle tenait César, percé de coups, entre ses bras ; enfin, dans un sacrifice offert à César, la victime fut retrouvée sans coeur, présage hautement funeste.
Après sa mort, le peuple Romain, sous l'emprise d'Antoine, encensera César et chassera ses assassins.