Auteur : Louis de Bourbon, Prince de Condé (7 mai 1530 - 13 mars 1569)
Date : le 13 mars 1569 à Jarnac
Contexte historique :
Voici la dernière phrase prononcée par Louis de Bourbon, Prince de Condé, avant de charger à la bataille de Jarnac, le 13 mars 1569. Cette bataille prend place dans les guerres de religion qui opposent au 16éme siècle les tenants de la religion prétendument réformée à la Sainte Ligue catholique.
Signée le 23 mars 1568 entre princes protestants, tels Condé (oncle du futur Henri IV) ou Coligny, et les chefs des Ligueux, tels le Duc de Guise ou le Duc d'Anjou (le futur Henri III), la paix de Longjumeau ne dure guère. Devant le rassemblement des Huguenots à La Rochelle, la Reine-mère Catherine de Médicis prend peur. Elle envoie le Duc d'Anjou, chef des armées royales, faire face à l'armée réformée, tout en promulguant l'Edit de Saint-Maur le 25 septembre 1568, qui interdit le culte réformé et contraint les pasteurs à quitter le royaume dans les 15 jours.
Après s'être observées durant tout l'hiver, les deux armées se rencontrent enfin le 13 mars 1569 à Jarnac. Dès le début des combats, le Prince de Condé est blessé au bras dans une escarmouche, puis le cheval de La Rochefoucauld lui brise la jambe d'un coup de sabot alors qu'il monte en selle. Mais cela n'empêche pas Condé de s'écrier "Vous vous souviendrez en quel état Louis de Bourbon est entré au combat pour Christ et pour sa patrie" et de perforer l'armée royale dès ses premières charges.
Les troupes de Coligny ayant été contraintes de faire retraite devant l'assaut du Duc d'Anjou, Condé décide de se porter à leur secours avec Soubise et 300 cavaliers. Son cheval est abattu et, étourdi par la chute, il ne parvient pas à remonter en selle. Soubise et d'autres combattants réformés refusent de l'abandonner et se battent à ses côtés jusqu'à la capture ou la mort.
Le Prince de Condé, atteint de multiples blessures, accepte de se rendre à deux gentilshommes de l'armée royale, relevant la visière de son heaume et leur tendant son gantelet. Les deux cavaliers, Saint-Jean et d'Argence, lui demandent de le suivre auprès du Duc d'Anjou. Mais le capitaine des gardes de ce dernier, le Comte de Montesquiou, arrive alors et tire à bout portant un coup de pistolet par la visière levée de Condé.
Louis de Bourbon meurt sur le coup, assassiné par traîtrise, à l'encontre de toutes les lois de la Chevalerie. Le "coup de Jarnac" demeure dans l'histoire le symbole de la traîtrise et du manque de loyauté.